Participation à la cohorte CRYOSTEM
Patients et donneurs
Chaque année en France, près de 2 000 patients, adultes et enfants de tous âges, sont traités par allogreffe de Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH), appelée plus communément allogreffe de moelle osseuse, ultime recours thérapeutique pour soigner et guérir les maladies graves du sang, malignes ou non.
Pourquoi participer à la cohorte CRYOSTEM ?
Si cette intervention sauve de plus en plus de vies, elle peut entraîner des complications précoces ou tardives chez 50% des patients, telles que la maladie du greffon contre l’hôte (ou GvHD en anglais pour Graft-versus-Host Disease), ou encore des complications infectieuses (en lien avec l’immunodépression des patients) et toxiques (liées aux traitements utilisés lors du conditionnement), très handicapantes au quotidien et fatales dans 25% des cas. Ces complications sont très variables d’un patient à un autre, mais les raisons de cette variabilité restent encore largement méconnues. Grâce aux nouvelles technologies d’analyse développées récemment (protéomique, métabolomique, etc.), des progrès ont été réalisés en termes de compréhension et de prédiction de la survenue des complications, mais le traitement de ces complications reste encore à améliorer. Bien que les médecins disposent de traitements afin de les contrôler, elles peuvent altérer de façon significative la qualité de vie du patient au quotidien et sur le long-terme.
Par ailleurs, jusqu’à récemment, il était difficile de mettre en œuvre des études d’envergure dans le champ l’allogreffe de CSH du fait d’un nombre de patients allogreffés par an relativement réduit par rapport à d’autres indications de santé, et pour certains centres d’allogreffe pris séparément, parfois très faible. C’est donc dans ce contexte que le projet CRYOSTEM a été initié pour pouvoir fournir, grâce à la mobilisation d’un réseau national de services clinique et de CRB, un nombre significatif et suffisant d’échantillons biologiques et de données associées qualifiées, offrant une puissance jamais atteinte en termes de collecte dans cette indication de santé et permettant des études scientifiques d’envergure.
Participer à la cohorte CRYOSTEM, c’est :
- Accepter d’être suivi activement pendant près de deux ans après l’inclusion dans la cohorte selon un calendrier précis de visites incluses au parcours de soin (pouvant aller de 4 à 8 visites maximum) ;
- Donner un peu de son sang lors de ces visites pour en dériver des échantillons biologiques utilisables pour la recherche scientifique ;
- Consentir au recueil de quelques données démographiques et cliniques associées à la survenue de la GvHD. Certaines données cliniques spécifiques pourront être demandées au registre Européen des patients allogreffés.
- Contribuer à un effort collectif mobilisant des équipes médicales (médecins greffeurs, infirmiers, attachés de recherche cliniques, etc.), des personnels de laboratoire et des chercheurs pour permettre des recherches scientifiques
- Participer à l’amélioration de la compréhension et la prédiction des complications précoces et tardives de l’allogreffe de CSH, pour adapter les protocoles d’allogreffe à chaque patient et apparier au mieux le couple donneur/receveur afin de limiter leur survenue.
Une priorité : le respect de la confidentialité pour les patients
Dès son initiation, les équipes impliquées dans le projet CRYOSTEM ont tout mis en œuvre pour collecter les échantillons biologiques et données associées dans le respect de la confidentialité et l’anonymat pour chaque patient, et ainsi satisfaire aux prérequis de la Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) ou encore du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).
L’ensemble des autorisations réglementaires nécessaires ont été obtenues avant le démarrage du projet et sont renouvelées et mises à jour selon les évolutions réglementaires.
L’équipe gestionnaire du projet CRYOSTEM s’entourent d’experts du domaine pour assurer la protection de vos données, de la collecte jusqu’à la mise à disposition de celles-ci pour les besoins de réalisation de projets de recherche scientifique, en France et à l’étranger.
En outre, nous vous rappelons que :
- Le transfert des données de patients inclus dans la cohorte CRYOSTEM nécessaires à la réalisation d’un projet scientifique se fait uniquement après avoir vérifié que toutes les formalités légales et règlementaires obligatoires ont été engagées par l’équipe de recherche ;
- L’accès est encadré par la mise en place de conventions spécifiques entre CRYOSTEM et la structure d’accueil du chercheur en conformité avec le RGPD, et se fait de manière sécurisée ;
- Le traitement des données repose sur la confidentialité et la pseudonymisation, empêchant ainsi l’accès à votre identité.
- En cas de projets de recherche interrompus ou arrêtés avant le terme pour cause de décision interne, vos ressources biologiques (échantillons et données associées – démographiques, cliniques liées à votre traitement par allogreffe par ex., biologiques liées aux échantillons) seront détruites par le porteur du projet de recherche qui y a eu accès suite à la sélection par le Comité scientifique. Un certificat attestant de cette destruction est requis par l’équipe coordinatrice de CRYOSTEM.
Vous pouvez vous rendre sur la page « Politique de confidentialité » pour prendre connaissance de l’ensemble des dispositions.
Aujourd’hui, quelles avancées pour la cohorte CRYOSTEM ?
Entre 2012 et 2021, près de 6 000 patients adultes et pédiatriques, ainsi qu’environ 2 500 donneurs (volontaires sur fichier et intrafamiliaux) ont consenti à rejoindre la cohorte CRYOSTEM.
A ce jour, les inclusions dans la cohorte CRYOSTEM et les prélèvements de suivi sont terminés.
Dès 2015, la collection CRYOSTEM a été ouverte à la communauté scientifique via la mise à disposition des échantillons et des données associées de patients inclus dans la cohorte pour des équipes de recherche, nationales et internationales, publiques et privées du secteur de la santé, pour travailler sur des sujets variés autour de la thématique des complications post-allogreffe.
Ce sont près de 14 000 échantillons qui ont déjà été mis à disposition de 29 projets de recherche, sélectionnés selon des critères précis par le Comité scientifique de CRYOSTEM, qui vérifient scrupuleusement les objectifs du projet et s’assurent du respect des conditions de recherche médicale.
La liste des projets soutenus est consultable dans l’onglet « Recherche », avec, pour chacun d’entre eux, un résumé grand public, ainsi qu’un descriptif pour chacun d’entre eux, incluant le nombre de patients impliqués, d’échantillons mis à disposition et leur état d’avancement. Elle est mise à jour régulièrement
L’équipe coordinatrice du projet CRYOSTEM est ravie d’annoncer aujourd’hui l’émergence de 9 publications scientifiques qui auront un impact dans les années à venir sur l’amélioration des procédures de greffe et la prise en charge des patients allogreffés. Vous pouvez découvrir ces publications via l’onglet « A propos ».
CRYOSTEM, une cohorte en quête constante d’optimisation
L’équipe coordinatrice du projet CRYOSTEM mène, depuis plusieurs années, différentes stratégies d’optimisation afin de pérenniser au mieux sa collection, de conserver des échantillons et données qualifiées et à haut potentiel de mise à disposition et ainsi de favoriser les sorties d’échantillons.
1.La récupération des consentements des patients mineurs devenus majeurs
La première initiative est la récupération des consentements de patients mineurs devenus majeurs, pour ainsi éviter la destruction des ressources biologiques pédiatriques du fait de leur unicité et de leur rareté.
A l’inclusion de participants mineurs (receveurs allogreffés ou donneurs), le consentement doit être signé par les représentants légaux de l’enfant. Cependant, à l’âge adulte, l’individu doit signer un consentement majeur qui lui permet de confirmer son accord de participation à la cohorte CRYOSTEM.
Au regard du RGPD, la non-récupération des consentements d’individus mineurs devenus majeurs entraîne la destruction de ces ressources biologiques. En effet, dans la mesure où le consentement n’est plus valide, la base légale n’est plus respectée, et la coordination CRYOSTEM se doit donc de procéder aux destructions de ces ressources.
Pour permettre la conservation de ces échantillons au sein de la collection, un travail de récupération des consentements des patients mineurs devenus majeurs a été mis en place depuis 2021. Dans le cas où vous auriez participé à la cohorte CRYOSTEM dans votre enfance, il est fort probable que vous soyez recontacté par un personnel de l’équipe médicale (infirmier ou attaché de recherche clinique) de votre centre pour renouveler votre consentement et signer le formulaire majeur adequat.
Dans le cas où il serait impossible de recontacter ces personnes (raisons éthiques, individus perdus de vue ou décédés), l’équipe coordinatrice de CRYOSTEM a soumis une demande de dérogation auprès du Comité de Protection des Personnes (CPP) pour conserver ces prélèvements compte tenu de leur caractère précieux. Le CPP Sud Méditerranée I a émis un avis favorable à l’égard de cette demande le 24 mai 2024, permettant ainsi la mise à disposition pour la recherche des ressources biologiques des participants mineurs pour lesquels le consentement majeur ne peut être récupéré.
2.La vérification et l’optimisation des données
La seconde initiative mise en place est la vérification et la récupération de données cliniques et biologiques associées aux échantillons. L’objectif est alors de garantir la qualité et la fiabilité des données dans le but d’obtenir des résultats exploitables et reproductibles pour des projets de recherche ultérieurs.
- D’une part, l’optimisation des données cliniques s’organise de deux manières :
Par confrontation des données saisies dans la base de données CRYOSTEM à celles du registre Européen des patients allogreffés. La récupération de ces données a débuté au cours de l’année 2018. Ce travail a été clôturé le 31/10/2024. La quasi-totalité des dossiers (99.6%) ont été vérifiés et mis à jour. - Par complétude de données cliniques et/ou biologiques manquantes, récupérables auprès des services cliniques grâce au dossier médical des patients. Ce travail, démarré en 2018 également, a été terminé le 31/10/2024. Les données biologiques sont actuellement toutes complètes et vérifiées. Les données biologiques sont, quant à elles, complétées à 96.5% du fait de dossiers médicaux trop anciens.
3. La conservation prioritaire des échantillons biologiques à caractère unique et à haut potentiel de valorisation
La dernière initiative a été mise en place pour répondre partiellement aux problématiques de saturation de stockage des Centres de Ressources Biologiques (CRB) du réseau CRYOSTEM, via la mise en place d’une politique de priorisation des échantillons biologiques les plus pertinents et à haut potentiel de valorisation tels que ceux des :
- Donneurs sains : ces ressources sont intéressantes car elles sont issues d’individus a priori « naïfs » de toute pathologie ;
- Patients pédiatriques, du fait de leur sous-représentativité dans la population greffée ;
- Patients avec une cinétique de prélèvements complète, permettant de disposer d’un suivi du patient à moyen-terme et à la survenue de la GvHD .
Aujourd’hui, près de 200 000 échantillons sont conservés de manière décentralisée dans 28 CRB.
L’équipe coordinatrice de CRYOSTEM, consciente de cette opportunité, et souhaitant s’engager dans une dynamique de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), a initié une réflexion depuis 2022 en collaboration avec le Comité stratégique sur la destruction d’échantillons inexploitables, définis comme à faible probabilité de mise à disposition.
Cette dynamique se veut être à bénéfice mutuel et donner l’exemple à d’autres promoteurs de cohortes dites « dormantes ». A ce jour, un peu plus de 8 000 échantillons ont été détruits, avec un objectif à fin 2025 d’environ 16 000.
4. L’accroissement de la valorisation à travers l’obtention de l’autorisation de cession
Depuis le 1er janvier 2022, l’équipe coordinatrice de CRYOSTEM concentre ses efforts sur la valorisation des ressources biologiques issues de la participation des receveurs et des donneurs, pour répondre à l’objectif fixé par l’ANR.
Aujourd’hui, le consortium CRYOSTEM souhaite accroître sa dynamique de sortie d’échantillons, en permettant à la fois, des mises à disposition d’échantillons dans le cadre de collaborations de recherche, ainsi que des cessions à finalité scientifique, faisant l’objet d’une demande d’autorisation de cession auprès du Ministère de l’Enseignement et de la Recherche. Cette dernière a été obtenue en date du 18 septembre 2025.
L’autorisation de cession permettra au consortium CRYOSTEM de répondre plus facilement aux différents partenariats, tout en maintenant une surveillance de l’utilisation des ressources biologiques par le Comité scientifique. Dans ce contexte, des contrats dédiés seront rédigés pour encadrer ces cessions dans le domaine élargi de l’hématologie et des thérapies cellulaires, compte tenu de la richesse de la collection CRYOSTEM.
Enfin, cette autorisation de cession s’applique à une sous-collection « témoin » identifiée après un travail de monitoring de la base de données CRYOSTEM. Cette sous-collection est constituée d’échantillons dérivés de prélèvements sanguins de donneurs, pour lesquels le receveur n’a finalement pas été allogreffé, du fait, par exemple, d’une rechute précoce, de la progression de la maladie initiale, d’une contre-indication à la greffe, ou d’un décès avant la greffe. Dans ce cas, aucun prélèvement a été réalisé chez le receveur, ni en pré-, ni en post-greffe, rendant donc ces échantillons de donneurs, « isolés ». L’autorisation de cession permet donc leur utilisation et leur valorisation en place de leur destruction.
